Patrimoine

Un chantier passionnant et chargé de découvertes

 

Afin de sauvegarder ce beau patrimoine local la communauté de communes lancera, dès l'été 2019, des travaux de restauration qui se dérouleront en plusieurs étapes pour un coût de 3,8M€. 

         


Visible des kilomètres à la ronde, la silhouette du château perché en bord de l'Ain, avait été magnifiée par les surélévations du XIXème reprenant les poncifs de l'époque médiévale : toitures élancées, échauguettes, épis de faîtage, cheminées élancées, murailles crénelées …



Le projet général porte sur la restauration des parties historiques, pour une réouverture au public lors de visites organisées, la relocalisation de services de la Communauté de Communes; l'accueil de réunions de travail et de séminaires et enfin l'accueil d'événements culturels et festifs.
Les travaux porteront sur la restauration des façades, le resuivi des toitures, la restauration des menuiseries extérieures, la restauration du mur d'enceinte et l'ensemble des réaménagements intérieurs.

Depuis le 15 juillet 2019, les entreprises ont investi les lieux pour une première tranche de travaux consacrée à la consolidation, la restauration et l'aménagement de l'aile Ouest du château : tour du colombier, écuries et remises. 10 entreprises ont été retenues pour mener à bien cet ambitieux projet et relever les défis de valorisation patrimoniale (le château est inscrit au titre des Monuments Historiques), d'amélioration thermique et de réutilisation des espaces.


 

Comme tous travaux sur des édifices anciens, le chantier en cours a déjà réservé de nombreuses découvertes, qui apportent des informations complémentaires et inédites sur l'histoire du château.



Ainsi le piquage des enduits a révélé de nombreuses traces archéologiques qui témoignent de l'évolution des bâtiments, telles que les traces de l'ancien hourd périphérique de la tour du colombier, des anciennes ouvertures ou des matériaux en remploi.



La tour du colombier accueillait au dernier niveau un espace « pigeonnier » doté de pots en terre cuite pour les nids, insérés dans les murs. Le piquage des enduits a révélé la présence de ces pots également sur les deux étages inférieurs, attestant de l'importance inégalée d'un tel pigeonnier dans la région ! 

Dans un autre espace, la dépose des enduits du XIXème a permis de retrouver les fragments d'anciens enduits d'une grande salle située autrefois au-dessus des écuries : ces enduits badigeonnés comportent des graffiti à l'ocre rouge qui pourraient être datés du XVIIème !




D'autres « surprises » ont pu confirmer qu'il était temps d'intervenir pour consolider l'édifice. Le piquage des joints au ciment sur les murs en galets a bien mis au jour le très mauvais état structurel des maçonneries dont les mortiers étaient pulvérulents. De vastes cavités ont été découvertes et ont dû être rebouchées avec force remaillages et injections de coulis de chaux. Autre sujet d'étonnement, le mur côté cour des communs à pans de bois est apparu sans fondations : un étaiement conséquent a dû être mis en place afin de reprendre l'ensemble en sous-oeuvre.



Au gré de ces découvertes, bonnes ou mauvaises, il s'agit de maintenir le cap d'une restauration astucieuse et adaptée aux structures anciennes, tout en intégrant les aménagements contemporains au service du programme. Cette mission nécessite de réels savoir-faire que les artisans mettent en oeuvre avec coeur et professionnalisme : maçonnerie traditionnelle, enduits et mortiers de chaux naturelle ; pans de bois, charpente et couverture ; menuiseries bois et vitraux ; serrurerie ; plâtrerie, peinture, décors peints ; lots techniques fluides et ascenseur ; …
Cette première tranche de travaux sera terminée pour l'été 2020, avant de poursuivre la restauration des ailes Sud et Est dans le cadre d'une deuxième tranche qui s'annonce également passionnante.